En ce 7 juillet de l'an des roses 1981, les champs de blé, parés de
leurs plus rouges coquelicots, frémissaient encore sous la caresse du
soleil et vers 20 h 20, (déjà la passion des répétitions) le petit Nils, à
son tour, fit frémir toute la maisonnée. Il ne criait pas, le cordon enroulé
un peu trop serré autour de son cou, l'en empêchait. Il se rattrapera
très vite avec véhémence, on peut dire en effet qu'il ne manque pas
d'air. La Ville aux Dames, petite bourgade tourangelle, n'avait pas vu
naître d'enfants depuis 20 ans (toujours le vingt, le vin il ne faut quand
même pas en abuser !). Nils parlera avant de marcher, ce qui encore
aujourd'hui paraît plus important pour lui. A neuf mois (sans exagérer)
il fera son 1er jeu de mots, que tout le monde, a heureusement oublié,
puis ce sera le début d'une longue carrière dans la blague, qui cache
toujours, comme chacun sait, une grande tendresse. Le petit Nils, qui a
vraiment beaucoup grandi depuis, devait se révéler être un gisement
inépuisable de jeux de mots, mais mine (gisement mine ; vous avez
saisi !) mine, disais-je, de rien épuisant parfois la patience de ses
camarades et de ses proches. Il étaiera sa formation en cet art mineur
et s'intéressera à la musique avant d'être majeur. Il percute pour le
piano et pianote sur la caisse claire, avant de désaccorder les guitares
et tutti quanti (le fantôme de son grand-père clown viendrait-il le
chatouiller ?). Il quittera avant de devenir fou, l'Allier qui l'a vu grandir
pour la Bretagne et Rennes, où il trouvera la sienne et où il fondera la
Compagnie 3ème Acte avec des amis qui surent s'adapter à son
humour.